Intégrer les données des objets connectés à la médecine

Je quitte un call, hypnotisée.

La personne avec qui j’échangeais a développé avec l'IA sa propre app pour tirer le maximum de toutes ses données de santé :
 montre, sommeil, activité, symptômes, fatigue, contexte de vie, et il est possible de préciser boulot, enfants et historique médical.
L’app s’appelle “Coach”.
Élégant de ne pas l’avoir appelée “ce que le système de santé aurait dû construire depuis 5 ans”.

Pendant ce temps, nous continuons parfois à prendre des décisions médicales sur :
- 12 minutes de consultation,
- 3 valeurs prises chez un patient stressé par la blouse blanche,
- et un hochement de tête à “je crois que je dors moins bien”.

Alors qu’une montre collecte :
- des milliers de points physiologiques par jour,
- pendant des mois,
- dans la vraie vie.

Oui, les données sont imparfaites. 
Cette semaine encore, les données d’une montre m’ont fait stresser pour rien : augmentation de la fréquence respiratoire sur 5 jours chez un patient fébrile qui toussait, alors que la situation clinique était en réalité stable.

Malgré ça, le mouvement est irréversible. Le tournant, c’était probablement l’Apple Heart Study de Stanford en 2019 :
 une montre + un smartphone capables de détecter des fibrillations atriales, c'est à dire un quasi-programme de screening cardiaque national avant même que les guidelines médicales soient prêtes.

Les études s'accumulent. Un des derniers papiers qui m'a frappé publié dans Nature* : un modèle de prédiction de près de 130 pathologies (infarctus, démence, AVC etc.). Grâce aux maths et aux relevés de données du sommeil et la perspective que les montres puissent aider à cela.

Le problème n'est plus l'acquisition des données, cette partie de la santé va plus vite que la médecine :
Nous avons déjà les capteurs.

Nous avons déjà les données.

Nous avons déjà une partie des modèles.

Nous n'avons pas encore le système de santé compatible.

La seule société savante en médecine qui propose d’utiliser les données de wearables dans ses recommandations est le Collège Américain de Cardiologie.

De notre côté, Romain, notre CTO, finalise une nouvelle version d'UnPatient :
les données des wearables pourront remonter directement jusqu'à l'équipe de soin.
Le plus dur, c’est de faire entrer la vraie vie dans la médecine.


Dr Anne-Laure Rousseau

*https://www.nature.com/articles/s41591-025-04133-4

UNPATIENT SAS ©

2026

Tous droits réservés

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