Décrypter les secrets du cœur grâce à la VFC

Le cœur a ses secrets...
Et la Variabilité de la Fréquence Cardiaque (VFC/HRV pour les intimes) les dévoile. Ce marqueur du cœur aide à comprendre les troubles qui s’annoncent.
L’ECG (Electrocardiogramme) est le gold standard pour lire cette valeur. Le seul problème, c’est qu’on ne fait pas tous les jours cet examen, sauf à l’hôpital, branché(e) à un scope, ou si l'on vit cablé comme l’héroïne de Ghost in the Shell.
Ce qui me passionne, c’est que cette donnée autrefois réservée au monde de la santé est aujoud’hui au poignet de millions de gens : ces patients qui portent les montres (et anneaux) connectés. Ces objets permettent d’estimer la VFC sans passer par un ECG.
La VFC, c’est la variation du temps entre deux battements cardiaques, elle reflète la météo intérieure de chacun.
La variation de la fréquence cardiaque est en relation avec une partie primitive du système nerveux appelée le système nerveux autonome qui capte en continu ce qui se passe dans le corps (rythme cardiaque, digestion, respiration, douleur, …).et aussi ce qui vient de l’extérieur (bruits, lumière, interactions : situations stressantes ou agréables).
Tous ces signaux sont ensuite traités par l’hypothalamus, une région du cerveau, qui agit comme une antenne météo de ces signaux du système nerveux autonome pour décider si le corps doit s’activer ou se détendre.
En d’autres termes, l'hypothalamus scrute l’atmosphère de notre vie : stress, manque de sommeil, relations toxiques, isolement, interaction désagréable, pas assez de mouvement…
Tout ce qui peut transformer notre météo interne a un impact sur la VFC.
• Quand la météo est en “tempête tropicale” (stress chronique),
l’antenne se met en mode alerte et reste bloquée sur le même signal :
« Danger ! On reste tendu ! ». Du coup, les intervalles entre les battements deviennent super réguliers : la VFC baisse.
• Quand le ciel est plus calme, l’antenne écoute les petites variations du climat intérieur, elle ajuste, elle respire.
Résultat : le rythme cardiaque varie davantage : la VFC monte.
À la fac de médecine, on nous parle de la VFC surtout pour traquer une arythmie… mais pour le reste, silence radio : on n’en entend quasiment rien.
Et pourtant c’est intéressant de savoir à combien est la HRV de patients pour lequel on suit une pathologie cardio vasculaire, un traitement antidépresseur, un trouble fonctionnel intestinal, un diabète de type 2 qui s’aggrave, des cycles irréguliers, etc.
Il arrive également que cette VFC chute alors qu’à l’examen médical rien n’est décelé mais le lendemain ou le surlendemain, les indicateurs traditionnels de la médecine parlent.
Avec l’équipe d’UnPatient, nous nous efforçons de croiser ces données avec l’expertise médicale ; nous sommes convaincus que l’étude de ces signaux faibles va nous apporter une bien meilleure compréhension globale du patient.
Dr Anne-Laure Rousseau