Le mal de ventre : expérimentations ou tests validés scientifiquement ?

« J’ai mal au ventre… et, franchement, j’en ai plein le dos. »
En plus on reçoit les parents de ma femme ce week-end…
C’est le message d’un CEO ce dimanche matin.

Allez, on lance une enquête, verdict : colique néphrétique, traitement lancé. Lundi il pourra être présent pour ses équipes.

La douleur abdo c’est tellement fréquent : 1 passage sur 10 aux urgences. Au-delà de cela, avoir mal au bide est un problème universel, un jour ou l’autre, vous, moi, ça nous arrive. Et pourtant ce motif de consultation est casse gueule, les médecins le savent et des anecdotes folles sur ce sujet, nous les toubibs, en avons tous.

Toutefois, dans le quotidien de la médecine, un diagnostic revient fréquemment, ce sont les troubles fonctionnels gastro-intestinaux qui concerneraient jusqu’à 40% des gens sur cette planète : douleurs, ballonnements, diarrhées, constipations sans lésion retrouvée mais résultant d’un dialogue perturbé entre l’intestin et le cerveau.
Il faut savoir mener une enquête, prescrire les bons bilans, et éviter … les mirages.

Je veux parler de deux tests qui brillent… par leur inutilité clinique :
- L’analyse du microbiote au cours du syndrome de l’intestin irritable : aucune étude clinique n’a prouvé que ce résultat débouchait sur un traitement qui améliore les patients. La société française nationale de gastro-entérologie est donc 100% contre la réalisation de ce test dans le syndrome de l'intestin irritable. Les perturbations du microbiote (la dysbiose) sont associées à énormément de maladies et la science avance mais avant que les résultats soient confirmés, il s’agit d’expérimentations.

- Il n’y a AUCUNE utilité clinique aux dosages des Immunoglobulines G anti aliments qui sont aujourd’hui proposés pour dépister une allergie alimentaire. Il n’y a pas de corrélation fiable entre un test positif et les symptômes d’allergie alimentaire. En d’autres termes, les résultats ne serviront à rien sauf pour de la recherche. Ni la société nationale française de gastro-entérologie, ni celle d’allergologie ne recommande de les prescrire.

Oui, ces tests sont utiles dans une démarche expérimentale.
Et non, ils ne devraient pas siphonner votre espoir ni votre porte monnaie, et ça me fait mal qu’on fasse perdre du temps aux patients qui cherchent à avancer dans le diagnostic.

A propos de solutions, si on vous propose la lune en pilule, demandez la publication qui montre que le résultat est vraiment au rendez-vous ou écrivez-moi. Parce qu’à plusieurs et avec une démarche scientifique, ça fera tout de même moins mal… au ventre.


Dr Anne-Laure Rousseau

UNPATIENT SAS ©

2026

Tous droits réservés

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